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Cher Confrère,
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u terme de cette année 2011 et, avant de vous livrer les derniers développements de nos échanges avec le ministère de la Santé, je souhaiterais adresser mes pensées de soutien aux confrères dont les officines sont en proie, dans le contexte européen et français que nous connaissons, à des difficultés économiques. Je ne vous cacherai pas que l'état des comptes sociaux de la Nation va rendre les négociations qui s'ouvrent avec l'Assurance maladie, difficiles et que ces négociations ne porteront pas immédiatement leurs fruits. Surtout pour ceux d'entre nous qui attendent une éclaircie bien méritée, après des années de maîtrise médicale et comptable pendant lesquelles le médicament a été - et continue à être - la principale cible des mesures d'économie des lois successives de financement de la sécurité sociale. En ce domaine, si 2012 n'échappe pas à la règle, l'impact sur l'officine du plan de rigueur est encore amplifié par le choix d'économies massives sur les médicaments génériques, au travers de baisses de prix et de TFR.
Cependant, dans cette avalanche de mesures économiques, sur fond de crise de confiance dans le médicament consécutive à l'affaire du Médiator®, une perspective s'ouvre grâce à l'article 74 de la loi de financement de la sécurité sociale (LFSS) pour 2012.
Cet article, que nous avons défendu vaillamment auprès du Gouvernement et du Parlement, contient trois types de mesures, essentielles à l'officine de demain :
- des mesures économiques,
- des mesures organisationnelles du réseau officinal,
- des mesures d'interaction avec les autres professions de santé, grâce à la possibilité de conclure des accords conventionnels interprofessionnels, notamment avec le corps médical.
Vous n'êtes pas sans savoir que la situation économique difficile que connaissent de nombreuses officines est, en partie, due à la modification des conditions du marché du médicament remboursable. Autrement dit, à une diminution des volumes et des prix ayant conduit à une marge privée de toute progression sur les cinq dernières années (constat validé par l'UNCAM après les réunions préparatoires à l'ouverture de la négociation conventionnelle).
Le principe d'une évolution vers une marge mixte, désormais fixé par la loi, permettra, dans le cadre des négociations conventionnelles qui vont s'ouvrir avec l'UNCAM, d'obtenir un complément de rémunération lié à l'atteinte d'objectifs individualisés, avec, à terme, la perspective d'un avenir plus serein.
Par ailleurs, le relèvement à 4 500 habitants du seuil de population autorisant l'installation d'une nouvelle officine dans une commune qui en comporte déjà, l'allongement de la période de gel des licences de 5 à 12 ans après regroupement d'officines, la mise en place d'une procédure d'indemnisation, par les confrères exerçant à proximité, des pharmaciens cessant définitivement leur activité et fermant leur officine, constituent autant de mesures favorisant une évolution autorégulée du réseau officinal.
A condition toutefois que l'Etat et les ARS fixent des règles claires en matière de transferts afin de ne pas déséquilibrer, dans une zone de chalandise donnée, les mouvements de population au profit d'une pharmacie et au détriment d'une ou plusieurs autres officines.
Enfin je reste persuadé du soutien de Xavier Bertrand sur un certain nombre d'orientations destinées à :
- contribuer au rééquilibrage de l'effort économique demandé au secteur du médicament, en particulier en corrigeant l'injustice de l'impact disproportionné, sur la marge officinale, du développement des conditionnements trimestriels ;
- calibrer le montant de l'enveloppe dont disposeront les parties à la négociation conventionnelle, - assouplir la rétrocession, entre confrères, des médicaments non remboursables ;
- prendre des mesures de soutien aux médicaments génériques et d'intervention auprès des prescripteurs abusant du droit d'utiliser la mention « non substituable » sur leurs ordonnances.
Ces deux dernières mesures sont indispensables à un nouvel élan de la substitution, seul instrument de croissance pouvant permettre à l'officine de passer le cap difficile qu'elle connaît mais également facteur d'économies supplémentaires permettant de financer l'enveloppe conventionnelle. Chacun de nos confrères doit mesurer l'importance de son implication avec son équipe sur le développement de ce marché.
Les membres du Bureau et du personnel de la Fédération, l'ensemble des syndicats FSPF se joignent à moi pour vous souhaiter, tant sur le plan personnel que professionnel, une excellente année 2012.
Formons ensemble le vœu que, sur le plan syndical, nous saurons transformer l'essai de l'article 74, dans l'intérêt de l'officine et de ses patients.
Bien confraternellement.
Philippe Gaertner
Président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France

13 rue Ballu 75311 PARIS Cedex 09