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Notre temps est compté
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l y a les idées préconçues… et la réalité du terrain. Les idées préconçues sur la pharmacie ont longtemps été nombreuses, parfois cruelles : à cause du numerus clausus, notre profession serait privilégiée, voire rentière à entendre certains, mais aussi oublieuse de ses devoirs premiers, comme le conseil pharmaceutique. Ou encore avide de prendre la place des médecins en leur subtilisant une partie grandissante de leur pouvoir de prescription… Inutile de dire que, pour celui qui sait regarder la réalité en face, ces clichés ne résistent pas longtemps à une analyse objective. Au fil des années, à force de négociation, de coopération et, parfois, d’opposition avec les pouvoirs publics et les autres professionnels de santé, l’officine s’est construit une place unique dans le système de santé, en étant à la fois sa porte d’entrée et son dernier garde-fou.
Nous le devons à la défense sans failles du maillage des officines : ce que certains considèrent comme un luxe est en fait une nécessité. Il s’agit aujourd’hui pour l’Assurance maladie de prendre la pleine mesure de ces enjeux. Développement maîtrisé des médicaments génériques, généralisation du tiers payant grâce à la carte Vitale, les pharmaciens ont fait beaucoup dans l’intérêt du patient pour un accès facilité à des soins de qualité. En pointe sur l’informatisation et le suivi au long cours, les pharmaciens ont préfiguré nombre de changements que le système de santé ébauche à peine. Dans la nouvelle architecture du système de santé, l’officine devient centrale. Et ce n’est pas fini.
La profession n’a jamais exigé l’impossible mais réclame dorénavant l’indispensable : la reconnaissance pleine et entière de son rôle dans l’accompagnement thérapeutique du patient… et les moyens humains et financiers pour le faire. Les récentes affaires qui ont enflammé le monde de la santé ont prouvé que le patient était trop souvent laissé seul face à son traitement. Ce terrain vierge représente le plus grand défi pour les pharmaciens dans les années à venir. Pas de prébendes, pas de prés carrés, tout reste à inventer dans ce domaine.
Être rémunéré spécifiquement pour la délivrance d’un produit et non plus simplement pour sa distribution ce à quoi nous cantonne le système de marge actuel est la première étape : la prochaine Convention pharmaceutique que la FSPF négocie actuellement avec l’Assurance maladie nous le permettra. Tout un chacun devra prendre ses responsabilités pour donner ce nouvel élan indispensable à l’officine. Le temps presse, car la situation de nombreux confrères est déjà fortement dégradée.
Philippe Gaertner
Président de la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France

13 rue Ballu 75311 PARIS Cedex 09