Entretien avec Marisol Touraine La FSPF force de proposition

Numéro 2016-50, Publié le 04/03/2016 dans Vie syndicale, Politique générale, Politique générale

la FSPF a été reçue par la Ministre de la Santé. Ce rendez-vous a été notamment l’occasion de revenir sur les conséquences des baisses de prix massives des médicaments sur le revenu des pharmaciens, de connaître le positionnement de la Ministre sur l’évolution des études des métiers de l’officine, et de lui demander de fixer un modèle économique pour la PDA. 

Le 1er mars 2016, la FSPF a été longuement reçue par Marisol TOURAINE, ministre des Affaires sociales et de la Santé. Durant cet entretien, nous avons tenu à proposer des pistes de réflexions sur trois sujets de préoccupation pour la Pharmacie d’officine. 

Rémunération de l’officine

Nous avons rappelé à la Ministre que la politique de baisses de prix massives était insoutenable pour l’officine. Si le nouveau mode de rémunération en atténue l’impact, ce n’est pas suffisant. Les officines les plus touchées sont celles qui prennent en charge les patients chroniques et dispensent des médicaments matures. Reprenant une proposition de notre plan d’urgence Officine, nous avons demandé l’extension du champ des honoraires pour les ordonnances complexes aux patients en ALD, ainsi qu’une revalorisation de leur montant.

Lors de cet entretien, nous avons évoqué la mission IGAS / IGF portant sur la régulation du réseau officinal qui sera chargée d’examiner, notamment, les conditions dans lesquelles des aides pourraient être apportées aux officines en difficulté. Nous nous réjouissons que cette demande de notre plan d’urgence ait été entendue. 

Nous avons également insisté auprès de la Ministre pour que la pharmacie reste le lieu de dispensation des médicaments, y compris ceux issus de la réserve hospitalière. Le réseau a apporté la preuve de sa capacité à délivrer les médicaments les plus innovants sans risque pour les patients. De plus, aucune raison économique ne justifie le maintien de ces molécules en rétrocession hospitalière.

Nous avons également rappelé que la rémunération du princeps n’était aujourd’hui plus suffisante. Elle est financée par l’économie du générique, il devient urgent de procéder à un rééquilibrage. La FSPF réclame à une rénovation du modèle économique. 

Formation des métiers de l’officine

D’ici 2020, l’ensemble des diplômes de l’enseignement supérieur devra s’articuler avec le système L.M.D (licence-master-doctorat). En l’état actuel, le diplôme de pharmacien d’officine ne peut être classé qu’au niveau master. L’ambition de la FSPF pour la profession est d’obtenir le même grade que les médecins, les pharmaciens hospitaliers et ceux exerçant dans l’industrie. Cette évolution doit déboucher sur de nouvelles missions confiées aux pharmaciens, dans le cadre d’une réforme globale du cursus.

La ministre a également accueilli favorablement la proposition de la FSPF d’évolution du diplôme de préparateur, dans le cadre d’une licence professionnalisante.

Cette proposition répond, si besoin en était, du fait de l’accroissement du nombre de jeunes qui seraient ainsi formés, aux critiques du Gouvernement selon lesquelles la branche professionnelle de la pharmacie n’aurait pas apporté de contreparties au CICE. Nous avons rappelé que le CICE a été gagé avec l’assurance maladie lors de l’adoption de la réforme de la nouvelle rémunération et qu’il ne saurait être compté deux fois. 

Préparation des doses à administrer

Nous avons saisi l’opportunité de l’expérimentation de la dispensation à l’unité pour demander à la ministre d’arrêter un modèle économique viable en faveur de la PDA, citant en exemple le modèle économique suisse. Notre Fédération sera force de proposition dans le cadre des futures négociations conventionnelles pharmaceutiques.

Consciente que l’assurance maladie ne peut tout financer, la FSPF a demandé la publication du décret encadrant, en application de la loi HPST, les nouvelles missions du pharmacien, décret attendu depuis près de 7 ans !  

Concrètement, la FSPF demande que :

- les honoraires pour ordonnances complexes soient étendus aux 10 millions de patients en ALD, soit 112 millions d’ordonnances ;

- les pharmaciens puissent dispenser les molécules innovantes, issues de la réserve hospitalière ;

- les pharmaciens d’officine soient reconnus au grade Docteur comme les autres professionnels médicaux et pharmaceutiques ;

- les pharmaciens soient rémunérés pour la PDA. 

Un rendez-vous est d’ores et déjà fixé avec le cabinet de la Ministre pour reprendre point par point nos propositions en vue de leur mise en œuvre.