Entretiens pharmaceutiques et coordination des soins : les négociations doivent reprendre

Entretiens pharmaceutiques et coordination des soins : les négociations doivent reprendre

Publié le 10/07/2020 par FSPF

L’avenant n°21 qui a été soumis à la signature des syndicats comporte des avancées pour la profession. Ce texte, négocié avec l’assurance maladie avant la crise sanitaire, prévoit en effet de poursuivre l’engagement des pharmaciens dans l’accompagnement des patients avec la création d’entretiens de suivi des malades traités par anticancéreux oraux. Il va également permettre le paiement à l’acte, et non plus sous forme de rémunération sur objectifs de santé publique (ROSP), de l’ensemble des entretiens pharmaceutiques et des bilans de médication.

En revanche ce même texte conditionne, à compter du 1er janvier 2022, le versement de certaines ROSP à la participation à un exercice coordonné (équipes de soins primaires, maisons de santé pluriprofessionnelles ou communautés professionnelles territoriales de santé). Il s’agit de l’incitation forfaitaire à la numérisation et à la télétransmission, de la valorisation des feuilles de soins électroniques (FSE), de l’incitation à la mise à jour des cartes Vitale, de l’utilisation de la messagerie sécurisée de santé (MSS) et de l’ouverture du dossier médical partagé (DMP), ainsi que de la mise en œuvre de la télémédecine dans les officines.

Cette condition a fait réagir certains confrères mais il faut bien comprendre que sans cet avenant, l’accompagnement des patients sous anticancéreux oraux et le paiement à l’acte des entretiens pharmaceutiques tomberont aux oubliettes.

Pour ma part, l’assemblée générale de la FSPF m’a donné mandat pour signer ce texte au regard des avancées qu’il représente. Toutefois, les remarques provenant du terrain doivent être prise en compte et je ne souhaite pas signer seul ce texte qui aura des conséquences pour l’ensemble des confrères. La force de la profession réside dans son Unité, je suis persuadé qu’ensemble nous saurons convaincre les pouvoirs publics !

Les négociations doivent donc être réouvertes. Pour nous, deux évolutions pourraient être acceptables :

  • limiter le conditionnement du versement des ROSP à l’exercice coordonné aux seules ROSP directement liées à la coordination (comme l'utilisation d'une MSS ou encore la téléconsultation en officine),
  • ou mieux, assouplir les règles pour que tout pharmacien puisse bénéficier de cette rémunération à partir du moment où il exerce en lien avec les autres professionnels de santé de son territoire, même s’il n’est pas en équipe de soin primaire, en maison de santé pluriprofessionnelle ou en communauté professionnelle territoriale de santé.

Pour nous, l’exercice coordonné doit être pensé autour du patient. C’est pourquoi nous avons demandé une modification législative permettant aux équipes ouvertes de s’organiser autour du patient et de bénéficier des mêmes dispositifs particuliers que dans le cadre d’une structure définie. L’exercice coordonné doit être possible pour tous les pharmaciens et ce, en tout point du territoire. Notre objectif est qu’un maximum de confrères puissent s’inscrire dans cette démarche et, ce faisant, percevoir l’ensemble des ROSP auxquels ils sont éligibles.

 

Cordialement,

Philippe BESSET

Président de la FSPF