Le diabète de type 2 dans le viseur de la CNAMTS

Le diabète de type 2 dans le viseur de la CNAMTS

Publié le 25/06/2015 par Pharmacien de France

 La tendance se confirme d'année en année : les dépenses de médicament en ville – hors rétrocession hospitalière – baissent. Pour l'année 2014, elles ont reculé de 1,2 %. Ce qui place la ville parmi les bons élèves de la maîtrise des déficits, bien que la rétrocession hospitalière fasse exploser les compteurs : en l'incluant, les dépenses progressent de 5,5 %, une hausse due en grande partie à l'arrivée des traitements de l'hépatite C comme le sofosbuvir (Sovaldi). Pourtant la Caisse nationale d'assurance maladie des travailleurs salariés (CNAMTS) n'a pas renoncé à toute action d'efficience dans la prescription des médecins libéraux. Selon les premiers éléments livrés par la version de son rapport sur les charges et produits qui doit passer au vote de son conseil le 25 juin et le 2 juillet, elle visera en 2016 le diabète de type 2. Elle estime notamment qu'une prescription conforme aux recommandations permettrait de réaliser 142 millions d'euros d'économies.

Prescriptions hors AMM

Les médicaments de référence (metformine et sulfamides) ont en effet très nettement cédé le pas aux nouveaux traitements comme les gliptines (sitagliptine, saxagliptine, vidagliptine) ou les analogues du GLP1, représentés par le liraglutide. Une croissance partiellement incontrôlée sur le plan sanitaire puisque 19,4 % des prescriptions se sont faites hors autorisation de mise sur le marché (AMM) pour les gliptines, et 7,8 % hors recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS). Quant au liraglutide, près de 4 prescriptions sur 10 ne respectent pas les recommandations de la HAS, même si le taux de hors AMM est plus faible (2,3 %) pour cette molécule. Une nouvelle classe thérapeutique, les glifozines, va de plus débarquer sur le marché avec, en tête de pont, la canaglifozine. Pour contrer l'expansion de ces nouvelles molécules au détriment des anciennes, évidemment moins chères, l'Assurance maladie prévoit notamment une campagne de promotion de la « prescription de qualité et efficiente, respectueuse des recommandations ». Les gliptines, ce n'est pas automatique ?