Autorité de la concurrence : consultation sur la pharmacie d'officine

Autorité de la concurrence : consultation sur la pharmacie d'officine

Publié le 29/10/2018 par FSPF

La FSPF vous invite à répondre à la consultation publique

L’Autorité de la concurrence a lancé une consultation publique sur la pharmacie d’officine (vente en ligne, nouvelles missions, publicité, monopole officinal, etc.). Les pharmaciens d’officine ont jusqu’au 18 novembre inclus pour répondre à un questionnaire de 45 minutes environ : https://fr.research.net/r/MCBN2PW 

Merci de répondre à cette enquête pour y défendre les intérêts de la profession.

Attention !

Nous attirons votre attention sur les questions redondantes, parfois pièges, qui pourraient, malgré vous, vous conduire à vous déclarer favorable à la détention du capital des officines par des personnes extérieures à la profession, à la dérégulation de la publicité, à la vente de médicaments en grande surface, etc. 

L’Autorité de la concurrence affiche clairement son positionnement en faveur de :

  • la dérégulation de la publicité,
  • la suppression du monopole officinal, avec pour conséquence la vente des médicaments en GMS,
  • l’ouverture du capital.

 

Positionnement de la FSPF 

La vente en ligne des médicaments 

  • un site de vente en ligne doit être adossé à une pharmacie physique,
  • la FSPF est fermement opposée à l’ouverture de plateformes de vente en ligne détenues par des non-pharmaciens, ce qui mènerait indirectement à l’ouverture du capital.

Les nouvelles missions 

Les services proposés par le pharmacien dans le cadre de ses missions (soins de premier recours, décret « nouvelles missions », activités reconnues et rémunérées par la convention pharmaceutique) contribuent au dynamisme nécessaire au maintien de l’emploi existant et à son développement. 

Les pharmaciens d’officine peuvent être rémunérés pour les services non valorisés par l’assurance maladie à condition qu’ils fixent leur prix avec tact et mesure et en informent leurs patients/consommateurs. 

La publicité 

  • les pharmacies d’officine doivent pouvoir informer les patients de l’ensemble des services qu’elles proposent,
  • elles devraient pouvoir recourir aux comparateurs de prix et diffuser leur catalogue de prix sur leur site internet « vitrine »,
  • la publicité via les réseaux sociaux doit être encadrée par la réglementation,
  • toute adaptation des règles de publicité en faveur des officines doit être économiquement soutenable par l’ensemble des officines sauf à vouloir favoriser les pharmacies aux moyens importants,
  • développer la publicité en officine introduit le risque de comparaison avec les pratiques de la grande distribution et à terme, l’ouverture du monopole officinal,
  • le développement de la publicité ne doit pas banaliser l’usage des médicaments et inciter à leur consommation abusive. 

Le monopole officinal 

Les médicaments et, plus généralement, les produits réservés à la vente en officine doivent être exclus de la grande distribution : 

  • le réseau officinal, fort de son service de garde et d’urgence, permet une desserte optimale de la population en médicaments, chaque patient se situant, en moyenne, à 10 minutes d’une officine,
  • les chiffres montrent que les prix des médicaments non remboursables ont baissé en France ces 10 dernières années. La vente de médicaments en grande surface ne fera donc pas diminuer leurs prix (cela s’est vérifié en Italie),
  • certains Etats européens ayant décidé d’autoriser la vente de médicaments en grande surface sont finalement revenus sur leur décision, pour des raisons de santé publique (en Suède, le taux d’accidents iatrogènes a augmenté et a justifié le retrait de la vente de paracétamol en GMS),
  • l’objectif du gouvernement qui est de limiter la consommation de médicaments se heurte à la logique consumériste des GMS. 

La détention du capital des officines 

L’ouverture du capital des officines à des non-pharmaciens représente un risque pour l’indépendance de la profession. Elle conduirait à terme à la fermeture de bon nombre d’officines de proximité utiles aux patients. L’émission d’obligations convertibles en actions (OCA), lorsqu’elle se fait au bénéfice de fonds d’investissement ou de personnes extérieures à la profession, constitue un facteur d’aggravation de ce risque.

 

Nous vous remercions par avance pour votre participation active.

Cordialement,

Philippe GAERTNER

Président de la FSPF

 

Crédit photo : Autorité de la concurrence