En attendant le Ségur de la santé publique…

En attendant le Ségur de la santé publique…

Publié le 24/07/2020 par FSPF

Les conclusions du Ségur de la santé, auquel la FSPF a contribué, ont été présentées le 21 juillet par le ministre de la Santé Olivier Véran. Ainsi que nous le craignions, ces conclusions concernent essentiellement l’hôpital, même si nous comprenons l’urgence d’apporter un soutien financier et humain à ce secteur. 

Toutefois, ce Ségur ne remet aucunement en cause le principe de « Ma santé 2022 » qui prévoit de nombreuses avancées pour notre profession, notamment en matière de coordination des soins. Dans son discours, Olivier Véran a d’ailleurs affirmé souhaiter favoriser et valoriser l’exercice coordonné, en ville, sous toutes ses formes et dans toute sa diversité, tout en appelant la Cnam à mener rapidement des négociations afin d’aboutir à des avenants conventionnels. La FSPF entend profiter de ces discussions pour demander l’assouplissement de certaines règles afin de permettre à des équipes ouvertes de s’organiser autour du patient et de bénéficier des mêmes dispositifs particuliers que dans le cadre d’une structure définie. Notre objectif est de rendre possible l’exercice coordonné pour tous les pharmaciens et ce, en tout point du territoire.  

Le ministre de la Santé souhaite aussi accélérer la mise en œuvre du service d’accès aux soins (SAS) pour réguler les appels et orienter les patients vers des structures adaptées, avec le développement d’une plateforme digitale unique. Il promet le lancement d’expérimentations territoriales pour que des SAS pilotes puissent voir le jour dans les territoires. Nous sommes prêts à y participer afin que la permanence pharmaceutique soit incluse dans le dispositif de régulation des urgences. Il s’agit aujourd’hui de répondre à la dégradation des conditions d’exercice de nombreux officinaux lors de gardes ou d’astreintes, ceux-ci étant de plus en plus confrontés à des demandes n’ayant pas toujours un caractère d’urgence. 

Olivier Véran juge également nécessaire d’engager une réflexion sur la rénovation de l’Ondam, réforme que nous appelons de nos vœux. Pour la FSPF, il est en effet impératif de fixer une évolution de l’Ondam égale à l’accroissement naturel des dépenses d’assurance maladie, soit environ 4 % chaque année.

Nous proposons également d’assortir, chaque année, le PLFSS d’une étude d’impact mesurant l’effet des baisses des prix des médicaments sur l’économie de l’officine.

Enfin, le volet « prévention » que nous attendions sera abordé dans un second temps. Le ministre de la Santé a ainsi annoncé l’ouverture à l’automne d’un Ségur de la santé publique. Là encore, la FSPF se mobilisera pour défendre le rôle essentiel du pharmacien d’officine dans la prévention et le dépistage, source d’économies pour le système de santé et d’augmentation du temps médical disponible. Par sa disponibilité et sa proximité, le pharmacien d’officine peut devenir un acteur central de la prévention et du dépistage

Aujourd’hui, nous prenons acte des conclusions de ce Ségur de la santé et des perspectives d’évolution avancées par le ministre. Nous lui donnons d’ores et déjà rendez-vous à l’automne pour ce Ségur de la santé publique qui devra permettre de reconnaître la place légitime des pharmaciens dans ce domaine, comme ils l’ont prouvé pendant l’épidémie de covid-19. Pour l’heure, la FSPF sera attentive à ce que le prochain PLFSS soit à la hauteur des ambitions du nouveau gouvernement.

 

Téléchargez les 26 propositions de la FSPF pour améliorer l’accès aux soins de proximité, la prévention et la coordination des soins. 

 

Confraternellement,

Philippe BESSET

Président de la FSPF