Les Amphis de l'officine - analyse de la situation économique des officines de proximité

Les Amphis de l'officine - analyse de la situation économique des officines de proximité

Publié le 27/06/2019 par FSPF

Ces premiers Amphis de l’officine sont l’occasion pour la FSPF, principal syndicat représentatif des pharmaciens titulaires, de faire le point avec nos partenaires experts comptables, analystes des données de santé d’IQVIA, universitaires, représentants des Pouvoirs publics, parlementaires sur la situation économique de l’officine à la veille des premiers arbitrages du prochain PLFSS. Nous vous donnerons donc rendez-vous chaque année à la même date.

Je tiens à remercier tout d’abord le Professeur Claude LE PEN de l’Université Paris Dauphine pour sa présence mais surtout pour son enthousiasme dès la genèse du projet.

Je remercie également Joël LECOEUR de CGP, Vincent BILDSTEIN d’IQVIA, Paule KUJAS de la CNAM, le député de l’Hérault Patrick VIGNAL, Wilfrid STRAUSS de l’agence régionale de santé Grand-Est et Christophe WILCKE de l’URPS Pharmaciens Grand-Est, nos partenaires Medissimo et Mylan d’avoir accepté de participer à cette première édition consacrée à la mutation du modèle économique de la pharmacie de proximité.

Comme je l’ai indiqué à la ministre de la Santé lors de la dernière Commission des comptes de la Sécurité sociale le 11 juin, la conjoncture est chaque année différente mais deux constantes demeurent : la recherche d'économies pour faire face à l'évolution naturelle des dépenses de santé et la diminution des prix des médicaments qui constitue l’un des principaux moyens d’y parvenir. Depuis 2005, la part des dépenses des médicaments dans l'ONDAM est passée de 14 % à 11 %, celle des officines de pharmacie a diminué en parallèle de plus de 20 %.

La conséquence a été la fermeture de plus de 1 000 pharmacies dans cette même période, 230 rien que l’an dernier. Si certains regroupements ont été souhaitables et volontaires, nombre de ces fermetures se sont accompagnées de catastrophes humaines avec une dégradation des soins de proximité. Car chaque officine qui disparaît, c’est surtout moins de proximité. Je profite de l’occasion pour rappeler le soutien de la FSPF au projet de revitalisation des centres villes et centres-bourgs défendu par Patrick VIGNAL au travers de son association « Centre-ville en mouvement ».

Nous avons souhaité organiser cet événement ici, dans la Maison des pharmaciens, celle de tous les pharmaciens. C’est le lieu où s’exprime la démocratie syndicale qui est l’un des fondements de la Fédération.

C’est dans cet amphithéâtre, avec l’ensemble des représentants de nos 92 syndicats départementaux, que se prennent les décisions touchant à l’avenir de notre profession…

Par exemple, c’est dans cet amphithéâtre qu’a été acté, il y a exactement 20 ans, le principe du droit de substitution par le pharmacien d’un princeps par son générique en « contrepartie » de l’engagement de la profession en faveur du déploiement de Sesam - Vitale »...

C’est dans cet amphithéâtre qu’a été décidé en 2007 le virage vers une rémunération à l’honoraire de dispensation alors que s’esquissaient les travaux de la loi HPST…

C’est dans cet amphithéâtre qu’en 2012 nous avons dit « oui » à la signature de la dernière convention pharmaceutique qui a clairement ancré le pharmacien d’officine dans le parcours de soins, malgré les réticences des autres organisations syndicales.

C’est également dans cet amphithéâtre que nous avons, cette fois, dit « non » au volet économique de l’avenant n°11 à la convention nationale pharmaceutique, car pour la FSPF, cet avenant ne protégeait pas suffisamment les officines de proximité des baisses de prix.

Les derniers chiffres présentés par l’assurance maladie nous donnent raison.

En effet, malgré une évolution de + 1,1 % de la rémunération totale de l’officine (marge + honoraires + ROSP + remises génériques + CICE) en 2018 par rapport à 2017, le niveau de la rémunération reste inférieur à celui de 2016, année de référence inscrite dans l’avenant n° 11. Plus précisément, la rémunération globale du réseau recule de 1,5 % entre 2018 et 2016. Il est d’ores et déjà certain qu’en 2021, la clause de sauvegarde devra être mise en œuvre. On ne peut que le déplorer, notamment pour les officines les plus fragiles dans les territoires ruraux et quartiers difficiles.

L’avenant n°11 est insuffisant et nous demandons une augmentation des honoraires. Parce que la pharmacie de proximité est le maillon fort de l’accès aux soins dans notre pays. Tout doit être entrepris pour qu’elle le demeure.

 

Philippe BESSET

Président de la FSPF